Note de la rédaction: le principe directeur d'ouverture, de transparence et de responsabilité du Fonds mondial doit être dépoussiéré et revu.

1. EDITO
1 Aug 2022
Par ailleurs, la Société internationale du sida n'a pas réussi à mettre les populations et les communautés clés au premier plan de la conférence.

Chers abonnés

Dans cette édition, nous vous présentons un numéro très spécial, puisque nous avons non pas une, mais trois "causes" à exposer, et vous savez combien nous aimons les causes!

La première et la plus imminente est ce qui  est un véritable scandale et même un désastre: et le mot n'est pas assez fort lorsqu'il s'agit de la (mauvaise) gestion par la Société internationale du sida de sa conférence biennale, qui se tient  à Montréal.

 Dans le dernier numéro, nous avons fait état des premiers signes indiquant que les personnes originaires des pays du Sud rencontraient des difficultés à obtenir des visas. Dans le présent numéro, nous publions de nouvelles preuves de ces difficultés, non seulement au niveau des visas mais également de la documentation en général. Il est bouleversant de lire les commentaires de personnes ayant essayé de soumettre une demande qui a été rejetée, ou n'ayant pas réussi à le faire en raison de la complexité et de la lourdeur de la procédure de demande (Les voix de ceux qui n'ont pas pu obtenir de visa pour assister à la Conférence internationale sur le SIDA)

Ni l'IAS, ni les canadiens n'ont été capables de les aider... C'est un véritable revers pour le principe qui consiste à placer les personnes et les communautés au centre des efforts mondiaux de lutte contre l'épidémie et le fait que ces problèmes soient si manifestes en 2022, plus de trente ans après le début de la lutte contre le VIH, est d'autant plus choquant. Il semble que nous sommes en train de reculer au lieu d'avancer.

 Pendant que nous exprimons  nos  récriminations, permettez- nous d'attirer votre attention sur le Fonds mondial qui, lors de la retraite de son conseil d'administration du 8 juillet, a expliqué comment le conseil d'administration avait convenu de s'engager de manière élargie et précoce sur comment mieux "communiquer des données transparentes et régulières sur les performances et les résultats". 

Nous avons quelques idées sur les insuffisances de ce système et sur ce qui peut être fait pour l'améliorer, en commençant par une révision des publication de données et des informations du tableau de bord en vue d’assurer une plus grande disponibité des documents liés aux subventions (comme au "bon vieux temps") et une diffusion complète des documents des comités et du conseil d'administration (la transparence est un principe fondateur du Fonds mondial: où est- elle donc?).

 Notre prochaine "cause" provient de la récente réunion du conseil d'administration du Bureau des circonscriptions africaines à Lomé, qui a donné lieu à des discussions animées sur les contextes d'intervention difficiles. Nous avons parlé de l'appétence des bailleurs au risque dans plusieurs articles publiés cette année. Dans le prolongement de ces articles, le nôtre explique pourquoi il peut être risqué d’impliquer davantage les bénéficiaires dans la prise de décision, mais cela en vaut la peine (Transfert du pouvoir au  peuple).

 Deux articles portent sur des questions d'une importance capitale concernant la prochaine stratégie du Fonds mondial: comment la mettre en œuvre (Plus de questions que de réponses: les parties prenantes sont impatientes d'obtenir des précisions sur les plans de mise en œuvre de la nouvelle stratégie du Fonds  mondial) et comment mesurer sa mise en œuve (Mesure de la performance de la nouvelle stratégie du Fonds mondial).

Enfin, notre article sur le racisme dans le secteur de l'aide s’appuie sur un document publié récemment par les parlementaires britanniques concernant l'impact du néocolonialisme et du paternalisme, notamment pourquoi, comment, et où nous, dans le Nord plus riche, soutenons (ou ne soutenons pas) nos frères du Sud plus pauvre. Le rapport dont s'inspire l'article pourrait faire l’objet de quelques modifications et certaines de ses conclusions peuvent être quelque peu simplistes (par exemple, l'imputation de la pauvreté au seul colonialisme alors que la corruption, le tribalisme et d'autres facteurs jouent également un rôle), mais pour ceux d'entre nous qui travaillent dans le secteur de l'aide (et certainement pour tous ceux qui lisent l'OFM?), c'est un texte puissant et digne d'être lu. Il est également très pertinent pour le Fonds mondial qui gagnerait à en assimiler les conclusions et leur application au modèle opérationnel du Fonds mondial.

Aidspan et son équipe de rédaction, sous la direction d'Ida Hakizinka, fournissent, comme toujours, le maximum d'efforts possible pour garantir l'exactitude des données et des déclarations figurant dans nos articles publiés - d'où l'inclusion d'hyperliens - mais si vous, les lecteurs, identifiez une erreur ou une omission majeure, veuillez nous en informer et nous fournir la source de vos données; nous serons ravis de publier un rectificatif ou un amendement.

Si vous appréciez l'OFM et le trouvez pertinent pour votre travail, veuillez encourager vos collègues à s’abonner!

N'oubliez pas: si vous avez connaissance d'une évolution intéressante concernant les programmes de lutte contre les maladies ou les systèmes de santé et que vous la jugez digne de faire l'objet d'un débat au niveau mondial, faites-le moi savoir en indiquant le nom d'une personne disposée à rédiger un article à ce sujet. Les suggestions et commentaires peuvent être adressés à Ida Hakizinka ou Arlette Campbell White, en anglais, français ou espagnol, à l'adresse ida.hakizinka@aidspan.org ou acampbell.white@aidspan.org.

 

 L'équipe de rédaction d'Aidspan


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